
Face aux sécheresses de plus en plus fréquentes, économiser l’eau, notamment au jardin, c’est préserver une ressource précieuse. Heureusement, quelques gestes simples peuvent vous aider à réduire votre consommation. Découvrez nos conseils pour jardiner plus sobrement.
Aménager l’espace



Créez de l’ombre : arbre, pergola, voile d’ombrage, canisse, mur végétalisé ou plante grimpante sur une façade exposée.
Jouez sur les hauteurs : associez arbres, arbustes, plantes grimpantes et plantes basses. Les différents niveaux de végétation se protègent mutuellement, comme dans un jardin forêt.
Faites barrage aux vents asséchants avec une haie, un brise-vent, un mur ou une façade existante.
Installez un point d’eau (mare, bassin) : il rafraîchit l’air ambiant, crée un microclimat plus humide et constitue un refuge indispensable pour la faune locale, surtout en période de sécheresse.
Créez une noue ou une légère dépression : ces aménagements retiennent les eaux de pluie et leur laissent le temps de s’infiltrer dans le sol plutôt que de ruisseler.
Privilégiez des revêtements drainants qui laissent l’eau de pluie pénétrer dans le sol.
Paillez les allées, car les surfaces minérales emmagasinent la chaleur et la renvoient aux plantations voisines.
Adapter les cultures
Regroupez les plantes ayant les mêmes besoins en eau : l’arrosage est plus facile et vous vous épargnez des déplacements inutiles.
Réduisez la surface de gazon traditionnel, l’un des éléments les plus gourmands en eau, ou remplacez-le par des plantes couvre-sols.
Évitez les cultures sur buttes et les suspensions, davantage exposées au soleil et au vent.
Employez de grands contenants car le substrat s’assèche moins vite que dans des petits.
Sélectionner les végétaux
Le choix des plantes est déterminant.
Privilégiez :
- les espèces locales ou adaptées au climat de votre région ;
- les vivaces, plus robustes une fois installées ;
- les plantes méditerranéennes ou grasses dans les zones les plus ensoleillées.
Renseignez-vous sur les besoins en eau d’une plante avant de l’acheter : de nombreuses jardineries indiquent désormais le niveau d’arrosage nécessaire.
Récoltez vos propres graines afin d’obtenir des espèces acclimatées à votre jardin (et faire des économies).
Réussir ses plantations
Pour leur donner toutes les chances dès le départ, plantez :
- à l’automne, car avec une terre encore chaude et un climat doux et pluvieux, les racines ont le temps de se développer avant l’hiver ;
- assez serré pour que les plantes se protègent mutuellement ainsi que le sol.
Supprimez fleurs et boutons lors de la plantation : la plante concentre son énergie sur le développement de son système racinaire.
Créer un sol vivant
Riche en matière organique et en micro-organismes, la terre retient mieux l’eau, nourrit les plantes et résiste mieux aux périodes de sécheresse.


Le compost et certaines couvertures végétales enrichissent le sol en se décomposant et améliorent sa structure :
- avant l’hiver, semez des engrais verts qui protègent la terre des intempéries ;
- l’été, étalez un épais paillis qui limite l’évaporation d’eau et la pousse des adventices.
💡Optez pour un paillage clair qui repousse la chaleur et garde le sol plus frais.
Améliorer la capacité du sol à retenir l’eau
Binez régulièrement : en décroutant la terre, l’eau s’infiltre mieux (« Un binage vaut deux arrosages ») et l’on supprime les herbes « concurrentes ».
Évitez de piétiner le sol : un sol tassé laisse moins pénétrer l’eau et les racines restent chétives. Mieux vaut circuler sur des allées ou utiliser des planches.
Pratiquez une tonte raisonnée qui consiste à réduire les zones à tondre, la fréquence et augmenter la hauteur de coupe afin de conserver l’humidité du sol et la biodiversité.
Optimiser l’arrosage
Savoir quand arroser
Surveillez les prévisions météo : inutile d’arroser si l’on annonce une bonne averse !
Vérifiez l’humidité du sol : la surface peut sembler sèche alors que la terre est encore humide en profondeur.

Utilisez un hygromètre.
💡Observez une pomme de pin : ses écailles s’ouvrent lorsque l’air est sec et se referment avec l’humidité. Un indicateur naturel, simple et gratuit !
Bien arroser
Creusez une cuvette au pied des plantations, afin de retenir l’eau.
Arrosez :
- directement au pied des plantes ;
- tôt le matin ou en soirée ;
- en deux passages : le premier humidifie la surface, le second permet à l’eau de pénétrer plus profondément ;
- abondamment mais moins souvent : cela incite les racines à puiser l’eau en profondeur, rendant les plantes plus résistantes.
💡Adaptez l’arrosage à votre sol :
- Argileux (retient l’eau) : arrosage espacé mais abondant
- Sableux (drainant) : arrosage fréquent mais moins abondant
💡 Récupérez l’eau :
- de rinçage des fruits et légumes ;
- froide qui coule avant la douche ;
- du bain, mais sans savon.
S’équiper sans se ruiner
Irriguer
Bouteille percée, retournée au pied des plantes.
Cône pour bouteille, pour une distribution plus régulière de l’eau.
💡 Pratique si vous vous absentez quelques jours.
Olla ou oya : ce réservoir en terre cuite poreuse diffuse l’eau directement au niveau des racines.
💡 Vous pouvez en confectionner en collant deux pots en terre cuite non vernissés, l’un contre l’autre.
Tuyau micro-suintant : il délivre l’eau sur toute sa longueur et au niveau des racines, avec très peu de pertes.
💡Il fonctionne parfaitement avec un récupérateur d’eau installé en hauteur.

Goutte-à-goutte : il apporte une quantité d’eau précise à chaque plante et convient aux massifs et au potager.
Récupérer l’eau de pluie

Récupérateur d’eau, tonneau ou simple bidon installés sous une descente de gouttière.
Chaîne de pluie (Kusari Doi) : elle remplace la descente de gouttière classique et guide l’eau jusqu’au récupérateur tout en apportant une touche décorative.
💡 Facile à fabriquer avec une chaîne ou des anneaux métalliques.
Cuve enterrée : une importante réserve d’eau, idéale pour les grands jardins.
💡Son installation est à considérer lors d’une construction ou d’un réaménagement du jardin.
Jardiner avec moins d’eau, c’est apprendre à composer avec les conditions climatiques d’aujourd’hui afin de créer un lieu plus résilient et vivant.
Et vous ? Avez-vous déjà adopté certaines de ces pratiques ? En connaissez-vous d’autres qui fonctionnent bien ? N’hésitez pas à les partager en commentaire
