Jardinez moins pour favoriser la biodiversité

La biodiversité, c’est la diversité du vivant sur Terre : les espèces, leurs différences génétiques, les milieux naturels et toutes les relations qui les relient. Elle nous fournit l’essentiel : l’oxygène, l’eau, la nourriture. Elle contribue à la régulation du climat, la fertilité des sols et la production agricole.

Aujourd’hui, elle est fragilisée par les activités humaines. Lorsqu’elle recule, les écosystèmes s’affaiblissent, nous rendant plus vulnérables.

Pourtant, agir est possible et cela commence souvent plus près de chez nous qu’on ne l’imagine.

Voici pourquoi et comment accueillir la biodiversité dans votre jardin, sur votre terrasse ou votre balcon.

Un balcon

Pourquoi favoriser la biodiversité ?

Parce que la biodiversité crée un environnement sain et équilibré au jardin. Elle facilite les interactions entre les plantes et une faune auxiliaire variée (lutte contre les ravageurs, pollinisation, enrichissement des sols, etc.).

Parce que votre jardin, votre terrasse ou votre balcon deviennent plus autonomes et moins sensibles aux désagréments (aléas climatiques, propagation de maladies et de nuisibles), car si une espèce est touchée, les autres résistent.

Enfin, parce qu’une nature foisonnante émerveille, apaise et contribue à la protection d’espèces animales et végétales menacées.

Comment l’accueillir ?

Plantes locales et diversifiées

Observez ce qui pousse naturellement autour de vous. Adaptées à votre environnement, les espèces locales vivent en symbiose avec la faune indigène.

Quel que soit votre espace, visez la plus grande diversité possible : arbres, arbustes, vivaces, annuelles, grimpantes, couvre-sols… Des plantes de toutes les hauteurs et aux feuillages variés.

Avec le réchauffement climatique, certaines espèces méridionales s’acclimatent désormais plus au nord. Introduisez-les avec discernement.

⚠️ Attention aux espèces exotiques envahissantes, sources de déséquilibres durables.

Floraisons échelonnées

Une abeille en train de butiner

L’enjeu n’est pas la diversité botanique en soi, mais la présence de fleurs permettant aux insectes pollinisateurs de se nourrir tout au long de leur cycle de vie.

Quelques exemples en métropole :

  • Hiver : noisetier, saule, hellébore, perce-neige, crocus.
  • Printemps : fruitiers, aubépine, pulmonaire, bugle, bourrache, bleuet.
  • Été : tilleul, lavande, thym, origan, tournesol, cosmos, souci ou zinnia.
  • Automne : lierre, asters, sédums, cosmos, souci ou zinnia en fin de floraison.

💡Privilégiez les plantes sauvages, plus riches en nectar et en pollen que les variétés horticoles et évitez les fleurs doubles, difficiles d’accès.

Et dans les Outre-mer :

  • Antilles / Guyane : pois doux, figuier maudit, mangle blanc.
  • Réunion / Mayotte : ambaville, bois de chandelle, café marron, tamarin des hauts.
  • Polynésie / Nouvelle-Calédonie : metrosideros, naupaka, santal local.
  • Saint-Pierre-et-Miquelon : saule nain, épilobe, trèfle rustique.

⚠️ Dans les territoires ultramarins, les écosystèmes sont particulièrement sensibles aux introductions végétales. Préférez les espèces locales ou déjà bien maîtrisées et cultivez en contenant lorsque c’est possible.

Habitats pour la faune

Un espace vert vivant offre aussi le gîte. Quelques aménagements simples suffisent à le transformer en véritable refuge pour la faune.

Nichoirs, tas de bois, pierres, feuilles mortes, vieilles souches… Ces « désordres organisés » accueillent une multitude de petits animaux.

Un crapaud dans une petite mare

Pensez également au point d’eau. Un récipient peu profond pour les insectes et les oiseaux. Une modeste mare pour grenouilles, crapauds, libellules et une faune aquatique insoupçonnée.

Même en ville, sur un balcon ou une terrasse, des tiges creuses dans un bac, quelques cailloux ou tessons de pot en argile dans un coin tranquille, une coupelle d’eau permettent à la vie de s’installer.

Pratiques douces

Jardiner naturellement, c’est aussi revoir ses habitudes.

Renoncez aux pesticides et engrais chimiques. Pensez compost, solutions de bio contrôle et associations de cultures

Réduisez les pollutions nocturnes et sonores qui perturbent le rythme de vie de la faune.

Moins d’interventions

Un jardin vivant n’est pas un jardin négligé. C’est un jardin auquel on fait confiance.

Tondre moins, tailler moins, nettoyer moins… des principes parmi les plus bénéfiques pour la biodiversité.

L’infographie ci-dessous vous en dit plus.

Infographie : Jardinez moins pour favoriser la biodiversité 
- Travail du sol limité et couvert végétal 
- Plantes locales privilégiées 
- Moins de tonte et plus de fleurs 
- Moins d'élagage et plus de haies
- Nettoyage d'automne réduit

Favoriser la biodiversité n’est pas une contrainte. C’est une invitation à jardiner autrement, avec moins d’efforts, plus de vie et une vraie satisfaction.

Et vous, par quoi avez-vous ou allez-vous commencer ? Parlez-nous de votre expérience dans les commentaires.

Pour aller plus loin :

https://magazine.hortus-focus.fr/blog/2025/01/26/rencontre-philippe-grandcolas-et-la-biodiversité-au-jardin/ Interview de Philippe Grandcolas, chercheur au CNRS, sur Hortus Focus

Notre article : Biodiversité cherche jardins : pour une alliance gagnante

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