Qu’est-ce qu’on mijote Ă  La table de Mino ? 🕓🧈

Ce mercredi-lĂ , quelque chose d’inhabituel flotte dans l’air du restaurant.

Une odeur de beurre et d’ail ? Pourtant, les derniers clients sont partis depuis presque deux heures.

Un sous-bois recouvert d'ail des ours

— Ça sent quoi, maman ? demande Alice en poussant la porte de la cuisine.

— L’ail des ours, rĂ©pond Mia. On l’a cueilli ce matin avec grand-mĂšre PĂ©tunia, dans le sous-bois Ă  cĂŽtĂ© du Domaine de la Tour en Jolle.

Sur le grand plan de travail, des bottes d’herbes fraĂźches, des radis ronds et roses tout juste sortis de terre, des fĂšves, de jeunes pousses, des Ɠufs, une grosse motte de beurre et des bocaux alignĂ©s comme des soldats.

Alice approche son nez des feuilles vertes.

— Ça sent l’ail, grimace-t-elle.

Mia sourit.

— D’oĂč son nom, ma chĂ©rie.

— Et pourquoi «des ours» ? demande Alice.

— Parce que, selon une lĂ©gende, ce serait la premiĂšre plante que les ours consommeraient Ă  la fin de l’hivernation, pour se purifier.

— Et c’est quoi l’hivernation ?

Assise Ă  cĂŽtĂ© de leur mĂšre, Agathe redresse la tĂȘte, trĂšs sĂ©rieuse.

— C’est quand certains animaux ralentissent beaucoup leur activitĂ© pendant l’hiver. Ils ne dorment pas tout le temps, mais ils Ă©conomisent leur Ă©nergie parce qu’il fait froid et qu’il y a moins Ă  manger.

Gino entre en sifflotant.

Les tabliers sont sur les crochets, les filles. On ouvre dans dix minutes.

— Et c’est parti pour La Tambouille ! s’Ă©crient en chƓur Alice, Agathe et Mia.

Mia s’essuie les mains et attrape la craie.

— Avant que les gens arrivent, j’ai encore le menu Ă  Ă©crire.

Elle s’approche de la grande ardoise et trace d’une main dĂ©cidĂ©e :

L'ardoise oĂč Mia a inscrit le menu proposĂ© pour l'atelier cuisine : salade primeur du potager et tartine d'ici

À seize heures, la salle se remplit : Kate et les jumeaux Lola et Alistair, des habituĂ©s et des curieux attirĂ©s par le panneau posĂ© devant la porte.

Panneau : Atelier cuisine 
La Tambouille vous accueille un mercredi sur deux de 16 h Ă  18 h.

Gino installe les personnes autour de trois grandes tables. Devant chacun, une planche à découper et une petite fiche.

Lucas, un habituĂ© du restaurant, l’interroge :

— Dis-nous Gino, c’est quoi l’idĂ©e derriĂšre tout ça ?

Gino sourit.

— Les clients nous demandent souvent nos recettes. Mais entre deux services, on n’a jamais le temps de leur expliquer vraiment.

Il marque une pause.

— Alors avec Mia on a voulu que les gens sachent. Pour qu’ils comprennent d’oĂč viennent nos produits, comment on les prĂ©pare.

Puis, il ajoute en riant :

— Et puis, quand on en a parlĂ© avec nos filles, elles Ă©taient vraiment emballĂ©es. Agathe a commencĂ© Ă  tout planifier et Alice, elle, voulait surtout savoir si on mangeait les plats cuisinĂ©s, Ă  la fin.

Mia entre les bras chargés :

— Bonjour Ă  tous et ravie de vous accueillir. Puisque Gino vous a expliquĂ© pourquoi on est lĂ , entrons dans le vif du sujet. Aujourd’hui, pour dĂ©marrer, nous vous proposons comme recettes : une salade primeur, accompagnĂ©e d’une tartine au beurre parfumĂ© Ă  l’ail des ours.

— Primeur ? questionne Lola.

— Les lĂ©gumes primeurs sont les premiers de l’annĂ©e. Ils annoncent l’arrivĂ©e du printemps.

La cuisine s’anime. On entend les couteaux sur les planches, les questions qui fusent et les fous rires.

Mia circule entre les tablĂ©es, observe, rectifie, glisse une astuce…

Elle s’arrĂȘte prĂšs de Kate qui hĂ©site sur l’Ă©paisseur de ses tranches de pain.

— Plus Ă©pais. Ici, on a le droit d’avoir faim.

Kate rit et recommence.

Gino, lui, passe de table en table, goûte, commente, plaisante et encourage.

À l’heure de la dĂ©gustation, la salle est silencieuse. Normal, tous ont la bouche pleine et semblent se rĂ©galer.

Alistair repose sa fourchette et ouvre de grands yeux.

— C’est trop bon !

— Oui, dit Mia. Encore dans la terre ce matin, dans vos assiettes cet aprĂšs-midi : tout est tendre et savoureux ! VoilĂ  ce que c’est, cuisiner local et de saison !

Manger local et de saison : pourquoi c’est prĂ©fĂ©rable ?

đŸ’ȘđŸ» La santĂ©

Les fruits et légumes de saison apportent exactement ce dont notre corps a besoin au bon moment :

  • En hiver, ils sont riches en vitamines et minĂ©raux pour nous garder en forme.
  • L’Ă©tĂ©, ils sont souvent gorgĂ©s d’eau. IdĂ©al pour nous hydrater durant les fortes chaleurs đŸ„”

đŸŒ± La fraĂźcheur et la saveur

Des fruits et des lĂ©gumes rĂ©coltĂ©s Ă  maturitĂ©, prĂšs de chez soi, rĂ©vĂšlent toutes leurs saveurs. Et parfois, manger local, c’est aussi (re)dĂ©couvrir des variĂ©tĂ©s oubliĂ©es (comme celles du Jardijungle, servies Ă  La Table de Mino 😋).

đŸ€ Un soutien pour les producteurs

Acheter local, c’est aussi valoriser le travail des agriculteurs de sa rĂ©gion. Et parfois, c’est l’occasion d’Ă©changer avec eux et de mieux comprendre comment nos aliments sont produits.

♻ Un choix Ă©coresponsable

Les produits hors saison arrivent souvent de loin (en avion, en bateau, en camion frigorifique) et sont parfois emballés dans du plastique pour supporter le voyage. Certains, récoltés avant maturité pour mieux résister au transport, y perdent en goût et en valeur nutritionnelle.

🔄 Local et circuit court, c’est diffĂ©rent

Acheter local : c’est, comme le mot l’indique, privilĂ©gier les productions locales, choisir, notamment des fruits et lĂ©gumes cultivĂ©s prĂšs de chez soi. Mais ils peuvent tout de mĂȘme passer par plusieurs intermĂ©diaires avant d’arriver dans votre assiette

Le circuit court : le produit peut venir de plus loin, mais il y a au maximum un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur.

AprĂšs l’atelier, les tables sont couvertes d’Ă©pluchures.

Alice les regarde.

— On en fait quoi ?

— Au compost ! rĂ©pond Mia. Elles se dĂ©composent, retournent Ă  la terre et la nourrissent.

Gino ajoute :

— Rien ne se perd.

Alice réfléchit.

— Et les autres dĂ©chets ? Les emballages ? Les bouteilles ? Les papiers ?

— Dans le bac de tri.

— L’autre jour avec papy Jef, on en a ramassĂ© plein sur la plage, dit Agathe.

— Et si on organisait un grand ramassage de dĂ©chets avec les habitants du village ? suggĂšre-t-elle, aprĂšs rĂ©flexion.

Mia échange un regard complice avec Gino.

— VoilĂ  une idĂ©e qui mĂ©rite un plan d’action.

Alice s’exclame :

— Nettoyage de printemps Ă  RosĂ©e-sur-thym !

Dehors, le soleil décline.

Le printemps s’installe et avec lui, de nouvelles missions.

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