Nettoyage de printemps à Rosée-sur-thym 🪣 🧤

Jeudi, à peine rentrée de l’école, Agathe pose son cartable derrière le comptoir du restaurant. Elle s’installe à une table avec une feuille et un crayon.

Mia arrive avec un plateau : brioche, confiture de fraises, compote de pommes et chocolat chaud.

— Alors, mon organisatrice, tu réfléchis toujours à ton idée d’hier ?

Agathe hoche la tête.

— Oui maman… mais je ne sais pas par quoi commencer.

La porte s’ouvre.

— Alors, on fait le grand nettoyage du monde ?! lance Alice.

Gino entre derrière elle en riant.

— On va déjà commencer par notre village, ça sera pas mal.

Ils s’installent tous les quatre autour du goûter.

— Samedi après-midi, le restaurant est fermé. On invite la famille et on organise ça sérieusement ? propose Gino.

Alice lève la main comme en classe.

— Et Hortense ? On peut l’inviter aussi ?

— Bonne idée, répond Mia. Mais avant de démarrer quoi que ce soit, il faudra demander l’autorisation à la mairie. On ne nettoie pas un espace public comme ça.

Le plan d’action

Une photo pour immortaliser la réunion pour préparer le plan d'action 
Sont assis, de gauche à droite : Agathe, Mia, Gino, Alice et la marquise de La Tour en Jolle.
Debout derrière, de gauche à droite : Pétunia, Hyppolite, Jean-Félix et Rosine

Samedi vers 16 heures, avec Rosine, Jean-Félix, Pétunia, Hyppolite, toute la famille est réunie… et la marquise Hortense de La Tour en Jolle en plus.

Rosine commence, très méthodique :

— Première chose : prendre contact avec la mairie. Ils peuvent fournir des sacs, des pinces et nous indiquer où déposer les déchets.

Jean-Félix ajoute :

— Et vérifier les horaires de marée. À marée basse, on voit mieux ce que la mer a laissé sur la plage.

— Le dimanche est le jour où les gens sont souvent le plus disponibles. Si on choisissait un dimanche matin ? Dans quinze jours ? Cela nous laisse le temps de tout organiser correctement, complète Rosine.

Jean-Félix sort son téléphone.

— Voyons ça… Dans quinze jours, la marée basse sera à 10h12.

— Et l’on sera plus efficaces avant le déjeuner, ajoute-t-il en souriant d’un air malicieux à ses petites filles.

— Important le déjeuner. Toute peine mérite salaire, complète Gino en pensant déjà au casse-croûte.

— Parfait, dit Pétunia. On pourrait donner rendez-vous vers 9h30. Ça nous laisse le temps de former les groupes avant que la mer se retire complètement.

La marquise intervient :

— Le parc du Domaine peut servir de point de départ.

Agathe note soigneusement sur sa feuille quadrillée :

Point de rassemblement : Parc du Domaine de La Tour en Jolle

Date : dimanche dans 15 jours à 9h30 (marée basse à 10h12)

Elle coche la première case ✔️

Bien préparer sa collecte

Prévenir la mairie : une étape indispensable

Organiser un ramassage de déchets dans un espace public (plages, forêts, parcs, chemins) ne s’improvise pas. La première étape est toujours de contacter la mairie de la commune concernée.

Hôtel de ville

Pourquoi ?

Si les espaces à nettoyer appartiennent à la collectivité, on ne peut pas le faire sans autorisation.

La mairie vérifie qu’il n’y a pas de contrainte particulière : travaux en cours, réglementations locales, zones protégées…

Elle peut fournir le matériel nécessaire (sacs, pinces, gants) et organiser l’évacuation et le traitement des déchets collectés.

Selon l’ampleur de l’évènement, des démarches complémentaires peuvent être nécessaires : déclaration préalable, encadrement spécifique, assurance adaptée.

💡 Renseignez-vous directement auprès de la municipalité ou consultez les guides pratiques proposés par des associations spécialisées dans les opérations de nettoyage citoyen.

Choisir le bon moment : quelques critères à prendre en compte

1/ La disponibilité des participants : le week-end ou les jours fériés permettent à un maximum de personnes de se joindre à l’action.

2/ La météo : vent fort et pluie compliquent le ramassage et découragent les bonnes volontés.

3/ Les horaires de marée : si la collecte se fait sur une plage, intervenir à marée basse permet de voir ce que la mer a laissé. Les horaires sont consultables gratuitement sur les sites officiels des affaires maritimes ou des ports locaux.

💡 Anticipez suffisamment, au minimum deux semaines, pour contacter la mairie, informer la population et permettre à chacun de s’organiser sereinement.

Informer le village

Dès que la mairie valide le projet, tout s’enchaîne.

À l’école, Agathe présente le projet à Eugénie, la maîtresse et à sa classe. Léo, arrivé récemment au village, raconte :

— Là où j’habitais avant, on ramassait aussi les déchets et un jour on a trouvé un vélo dans une rivière !

De son côté, Alice explique avec sérieux :

— Si on ramasse pas les déchets, ils restent longtemps, très longtemps.

— Et c’est sale et moche, grimace-t-elle.

Très vite, le directeur de l’école et les enseignants relaient l’information auprès des familles. La mairie publie alors l’annonce officielle sur le panneau communal et le site du village.

Au restaurant, Gino en parle aux clients. Mia informe ses fournisseurs. Le coiffeur promet de venir, Marie-Sophie, la fleuriste, aussi. D’autres se proposent spontanément.

Deux jours avant l’événement, confirmation définitive : matériel prêt, zones définies, dépôt organisé au centre de tri.

Agathe coche sa feuille ✔️

Mobiliser et informer

Une collecte réussie, c’est d’abord une collecte connue. Quelques canaux simples peuvent toucher un maximum de personnes.

1/ La mairie : panneau numérique, site officiel, bulletin municipal.

2/ Les commerces et artisans locaux : le bouche-à-oreille fonctionne bien dans les petites communes. Une simple affiche peut faire des merveilles.

3/ L’école : la direction, les enseignants sont souvent de précieux relais auprès des familles.

4/ Les réseaux sociaux et groupes de discussion en ligne avec un message partagé au bon endroit.

Le grand jour

Dimanche matin. Le ciel est dégagé.

À 9h30, ils sont une quarantaine à se retrouver dans le parc du Domaine de La Tour en Jolle : familles entières, jeunes et moins jeunes… et même quelques touristes.

— Personne ne part le ventre vide, annonce-t-elle.

Sur une grande table, la marquise a disposé café, thé, jus de fruits et viennoiseries.

À La Table de Mino, Gino avait passé le relais à son frère pour la journée. Il prend la parole :

— Merci d’être là ! On va se répartir sur deux secteurs : la plage et le port d’un côté, les chemins côtiers et les sous-bois de l’autre.

Agathe et Rosine distribuent les sacs.

— Sac jaune : recyclables. Sac noir : non recyclables.

Alice et Pétunia tendent les gants.

— Petites mains, grandes mains, mains pleines d’entrain !

Rosine reprend, très claire :

— Attention les enfants, si vous trouvez du verre cassé, un objet coupant ou quelque chose de dangereux, vous ne touchez à rien. Vous appelez un adulte qui s’en occupera.

Sécurité et logistique

La sécurité avant tout

Chaque groupe d’enfants doit être accompagné d’au moins un adulte responsable.

Avant de commencer le ramassage, quelques règles simples à rappeler à tous, surtout aux enfants :

Collecte de déchet avec une pince
  • Porter des gants épais pour protéger les mains.
  • Utiliser une pince de ramassage pour les objets dangereux ou difficiles d’accès.
  • Ne pas toucher : verre brisé, objets tranchants, seringues, produits chimiques ou tout déchet non identifié. En cas de doute, on appelle un adulte.

Prévoir une trousse de premiers secours sur le point de rassemblement.

La logistique

Un ramassage réussi se prépare.

Les sacs : de différentes couleurs selon le type de déchets ( recyclables, non recyclables, verre, etc.).

Les pinces : une par groupe idéalement. Parfois, la mairie peut en prêter.

Un point de regroupement défini, connu de tous, avec suffisamment d’espace pour trier et peser.

Une balance : peser les déchets collectés donne un résultat concret et motivant.

L’évacuation : convenir à l’avance avec la mairie ou la déchetterie du mode de dépôt

Désigner un référent logistique évite bien des imprévus.

La plage

De loin, elle paraît propre. De près… c’est une autre histoire.

Agathe se penche.

— Tu as vu tous ces petits bouts de plastique, papy Jef ?

Jean-Félix opine de la tête.

— Le soleil, le sel et les vagues cassent les objets en morceaux. Mais ils ne disparaissent pas.

Plus loin, un filet de pêche est emmêlé dans les algues.

— Ça peut piéger les oiseaux, les poissons et même des petits crustacés, ajoute-t-il.

En moins d’une heure, les sacs se remplissent : canettes, mégots, morceaux de polystyrène, bouchons, jouets cassés…

Alistair dégage une bouteille presque enterrée dans le sable.

— Elle devait être là depuis longtemps.

Jean-Félix regarde l’étiquette décolorée.

— Oui. Depuis des années peut-être.

Dans les chemins et les sous-bois

Sous les haies, dans les fossés, le groupe découvre des flacons, des emballages en carton et des sacs en plastique accrochés aux branches.

Pétunia s’arrête devant un tas de papiers gras.

— Le vent n’organise pas de pique-nique, que je sache.

Hortense attrape une canette coincée dans les orties.

— Ni de parties de cache-cache.

Alice brandit une vieille chaussure.

— Elle a perdu son pied !

Pétunia sourit.

— Celle-ci, quel phénomène.

Le tri

À midi tout le monde revient au Domaine.

Les sacs sont alignés.

Rosine et Hortense installent quatre zones : plastique, verre, métal, non recyclables. Puis elles supervisent le tri.

Alice observe le tas final.

— Quelle montagne !

Résultat sur la balance : 41 kilos.

Agathe l’inscrit sur une affiche : 41 kilos ramassés en 2 heures

— Espérons que la prochaine fois, il y en aura moins.

Agathe coche sa feuille ✔️

Organiser un tri simple et efficace

Trier sur place, c’est gagner du temps au dépôt et mieux valoriser la collecte. Une organisation en quatre zones suffit :

  • Plastique : bouteilles, emballages, bouchons, sacs, etc.
  • Verre : bouteilles et bocaux (à manipuler avec précaution).
  • Métal : canettes, capsules, conserves.
  • Non recyclables : mégots, polystyrène, textile.

Le tri final peut être complété ensuite au centre de tri communal. L’essentiel est de ne pas tout mélanger.

Des pancartes posées devant chaque zone évitent les confusions.

Le casse-croûte

Sous les arbres du parc, la grande table a été dressée.

Le boulanger a préparé des fougasses, Mia deux grandes tartes aux fruits, Marie-Sophie, sa fameuse citronnade et d’autres participants ont apporté de quoi faire un véritable festin.

Alice mord à pleines dents dans une part de fougasse.

— Nettoyer, ça donne faim.

À côté d’elle, Alistair vide d’un trait son verre de citronnade.

— Et soif.

Les enfants jouent entre les arbres. Les adultes discutent déjà d’une prochaine action, peut-être à l’automne.

Avant de partir, tout le monde se rassemble pour la photo. Derrière eux, les sacs bien fermés, les gants pleins de sable et les pinces posées sur la table.

Les déchets seront déposés au centre de tri communal.

Ce jour-là, Rosée-sur-thym respirait mieux 🫧

Valoriser l’action

L’opération est terminée, mais le travail ne s’arrête pas là. Valoriser l’action, c’est aussi prolonger son impact :

  • Garder une trace d’une édition à l’autre : noter le poids collecté permet de mesurer les progrès… et d’espérer qu’il diminue.
  • Prendre des photos de groupe témoigne de la mobilisation collective et donne envie de recommencer.
  • Informer la municipalité et ses habitants du bilan : poids collecté, zones nettoyées, nombre de participants.
  • Communiquer autour de soi : panneaux, réseaux sociaux, bouche-à-oreille pour que l’action soit connue et reconnue.

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